Guide · mis à jour avril 2026
SASU ou EURL : quel statut choisir en 2026 ?
SASU et EURL sont les deux structures unipersonnelles les plus utilisées par les freelances et entrepreneurs solo. Elles se ressemblent beaucoup sur le papier — une seule personne, responsabilité limitée — mais le régime social du dirigeant, le traitement des dividendes et la compatibilité avec l'ARE changent radicalement le net en poche. Voici comment choisir en connaissance de cause.
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Les deux statuts partagent une base commune : une société à associé unique, un capital libre (même 1€), une responsabilité limitée aux apports et la possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) ou l'impôt sur le revenu (IR). La vraie différence se joue sur la feuille de paie du dirigeant et sur la manière de sortir l'argent de la société.
Le tableau qui résume tout
| Critère | SASU (à l'IS) | EURL (à l'IS) |
|---|---|---|
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié (régime général) | Travailleur non salarié (TNS / SSI) |
| Cotisations sur la rémunération | ≈ 77 à 82 % du net (part patronale + salariale) | ≈ 42 à 45 % du revenu |
| Couverture sociale | Identique aux salariés (sauf chômage) | Plus légère : IJ plafonnées, retraite moins bien servie |
| Dividendes | Flat tax 30 % (17,2 % PS + 12,8 % IR) — aucune cotisation | Flat tax 30 % seulement sur la part ≤ 10 % du capital + CCA ; au-delà, cotisations TNS |
| Compatibilité ARE | Très bonne : dividendes n'entraînent aucun revenu soumis | Dégradée : tout revenu TNS réduit ou suspend l'ARE |
| Coût de création | ~ 200 à 400 € | ~ 200 à 400 € |
| Obligations comptables | Bilan + liasse + AG annuelle | Bilan + liasse + AG annuelle |
| Rémunération minimale | Aucune (possible de ne rien se verser) | Aucune, mais cotisation forfaitaire minimale ~1 200 €/an |
Régime social : la différence qui change tout
En SASU, tu es président assimilé salarié. Cela veut dire que tu paies les mêmes cotisations qu'un cadre du privé (hors assurance chômage) : environ 80 % de ton salaire net va aux organismes sociaux, dont une grosse part à la retraite et à la sécu. Tu reçois un bulletin de paie chaque mois et tu es couvert comme n'importe quel salarié : indemnités journalières correctes, retraite du régime général, mutuelle d'entreprise déductible.
En EURL à l'IS, tu es gérant majoritaire TNS (Travailleur Non Salarié), affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Tes cotisations sont calculées sur ton revenu d'activité à un taux global d'environ 42 à 45 %. Tu coûtes moins cher à la structure… mais tu es aussi moins bien couvert : tes indemnités journalières sont plafonnées et ta retraite se calcule différemment.
La règle simple à garder en tête
À rémunération égale, l'EURL laisse environ 30 à 35 % de plus dans ta poche sur la partie salaire. Mais cet écart se rattrape — et parfois s'inverse — dès qu'on regarde les dividendes et la couverture sociale.
Dividendes : le vrai piège de l'EURL
En SASU à l'IS, tu peux te verser autant de dividendes que la société peut en distribuer. Ils sont taxés à la flat tax de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Aucune cotisation TNS, aucune URSSAF : une fois l'IS payé sur le bénéfice, tu peux tout sortir à 30 %.
En EURL à l'IS, la règle change radicalement depuis 2013 : seule la part de dividendes inférieure ou égale à 10 % du capital social + primes d'émission + compte courant d'associé est soumise à la flat tax. Tout ce qui dépasse est réintégré dans ton revenu d'activité et soumis aux cotisations TNS (~45 %). Sur un capital de 1 000 € typique, tu peux donc sortir 100 € en flat tax… et le reste en régime TNS. Autant dire que l'arbitrage salaire/dividende, qui est un levier majeur en SASU, devient quasiment inutile en EURL.
Capital de 1 €, vraiment ?
Un capital minimal signifie zéro marge de manœuvre sur les dividendes TNS-free. Si tu pars en EURL en pensant t'en sortir par les dividendes, pense à capitaliser (10 000 € par exemple) pour ouvrir une vraie niche de 1 000 € annuels en flat tax.
ARE et Pôle Emploi : pourquoi la SASU gagne souvent
Si tu bénéficies de l'ARE (allocation de retour à l'emploi) au moment de te lancer, le choix du statut devient crucial. Pôle Emploi réduit ou suspend ton allocation en fonction des revenus d'activité que tu déclares, pas des dividendes.
En SASU, tu peux ne prendre aucun salaire et vivre de ton ARE, puis basculer sur des dividendes une fois tes droits épuisés. L'allocation reste intacte. En EURL, même si tu ne te verses aucune rémunération, la cotisation TNS forfaitaire minimale génère un revenu d'activité théorique — et tu perds progressivement ton ARE. La SASU est donc quasiment toujours préférable pendant la période ARE, quitte à basculer en EURL ensuite si les cotisations deviennent un sujet.
Le simulateur intègre ARCE, maintien ARE et dégressivité cadre.
Cas concrets : qui choisit quoi ?
Tu es développeur freelance à 80 k€ de CA
Deux scénarios typiques :
- Tu veux maximiser ton net immédiat, sans filet social prioritaire → EURL à l'IS avec rémunération couvrant tes besoins + laisser le reste en trésorerie d'entreprise. Tu gagnes sur les cotisations mais tu acceptes une couverture allégée.
- Tu viens de quitter un CDI, tu as de l'ARE, tu veux optimiser les 18 prochains mois → SASU à l'IS, rémunération zéro, ARE pleine, dividendes après épuisement des droits. Ensuite, tu peux transformer en EURL si les cotisations deviennent pénalisantes.
Tu es consultant senior à 150 k€+ de CA
À ce niveau, la SASU reprend l'avantage : tu peux te payer un salaire raisonnable (45-60 k€/an) pour valider tes trimestres retraite et sécuriser ta couverture santé, et sortir le reste en dividendes flat tax. La même logique en EURL te ferait payer des cotisations TNS sur l'intégralité — le gain côté salaire est mangé par la perte côté dividendes.
Tu veux prendre ta retraite dans 10 ans
La retraite du régime général (SASU) reste mieux servie que celle de la SSI, à cotisation équivalente. Si tu as un horizon retraite proche et peu d'années de cotisation accumulées, la SASU est souvent le bon réflexe, quitte à y perdre un peu sur les cotisations mensuelles.
Et l'IR dans tout ça ?
Les deux statuts peuvent opter pour l'impôt sur le revenu : EURL à l'IR par défaut (sauf option IS), SASU à l'IR sur option pendant 5 ans maximum. Dans les deux cas, le bénéfice de la société est ajouté à ton revenu global et taxé au barème de l'IR. Les dividendes disparaissent comme concept (puisque tout le bénéfice est déjà taxé).
L'IR n'est intéressant que si ton tranche marginale d'imposition est basse (0 % ou 11 %) — typiquement un début d'activité ou une situation familiale avec beaucoup de parts. Dès que tu bascules à 30 %, l'IS devient quasi systématiquement plus efficace grâce à son taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice.
Le simulateur calcule les 4 cas
Plutôt que de raisonner en abstrait, entre ton chiffre d'affaires et tes charges dans le simulateur : il compare SASU-IS, SASU-IR, EURL-IS et EURL-IR côte à côte, avec le net en poche et le taux effectif réel.
Ce qui ne change (presque) pas entre les deux
- Coût de création : annonce légale, immatriculation, statuts — environ 200 à 400 € selon que tu passes par un service en ligne ou un expert-comptable.
- Comptabilité : bilan, compte de résultat, liasse fiscale, AG annuelle. Compter 800 à 1 500 €/an d'expert-comptable si tu externalises.
- TVA : mêmes seuils (franchise en base sous 39 100 € prestations, 85 800 € ventes), même fonctionnement.
- Responsabilité : limitée aux apports dans les deux cas (sauf cautions personnelles signées).
- Cession / transmission : les parts EURL se cèdent avec un acte notarié et 3 % de droits ; les actions SASU se cèdent par un simple ordre de mouvement avec 0,1 % de droits. Avantage SASU si revente envisagée.
En résumé : comment trancher
- ARE en cours ? → SASU, sans hésiter.
- Besoin de maximiser le net, couverture sociale secondaire ? → EURL.
- CA élevé + arbitrage salaire/dividendes stratégique ? → SASU.
- Protection sociale prioritaire (arrêt, maternité, retraite) ? → SASU.
- Activité saisonnière ou démarrage modéré, TMI à 0 ou 11 % ? → EURL à l'IR.
Dans tous les cas, la différence de net peut aller de 2 000 € à 15 000 €/an selon ton profil. Autrement dit : ça vaut les 3 minutes de simulation avant de valider ton choix chez le notaire ou le CFE.
Questions fréquentes
Prêt à connaître ton net réel ?
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